Castor d'Eurasie

Castor fiber Linnaeus, 1758

Classification

  • ClasseMammifères
  • OrdreRodentia
  • FamilleCastoridae
  • GenreCastor
  • Espècefiber
  • Nom scientifiqueCastor fiber
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations
Morphologie

Tête et corps : 80-90 cm
Queue : 30-40 cm
Poids : 21 kg en moyenne jusqu’à 30 kg

Jadis appelé Bièvre, le Castor d'Europe est le plus grand rongeur européen. Son pelage dense et imperméable est de couleur brun-roux, son ventre est davantage jaunâtre. Son corps fuselé, ses membres antérieurs courts, ses griffes développées, ses grandes pattes postérieures palmées et sa queue aplatie couverte d’écailles sont des adaptations au milieu aquatique et au fouissage. Sa queue fait également office d’appui lors de ses actions de bûcheronnage. Capable de rester une quinzaine de minutes en apnée, il est souvent confondu avec le Ragondin lorsqu’il nage.

Habitat

Hôte des fleuves à faible pente, rivières, cours d’eau et boisements humides proches (moins de 30 m), le castor a une activité principalement nocturne. L’eau lui permet de se déplacer tandis que la terre ferme lui fournit le gîte et la nourriture. Lorsque le creusement des berges est impossible, le Castor construit des huttes en branchages. Quand les conditions lui permettent, il construit des barrages sur les petits cours d’eau pour élever le niveau d’eau et ainsi accéder à l’entrée de son gîte sous l’eau.

Reproduction

La reproduction a généralement lieu en février ; l’accouplement a lieu dans l'eau. Environ quinze semaines plus tard, la femelle met bas 2 à 3 jeunes qui restent avec leurs parents pendant leurs deux premières années.

Régime alimentaire

Le Castor d'Europe est une espèce opportuniste qui adapte son alimentation selon les saisons. Au printemps et en été, l’espèce consomme des bourgeons, des feuilles, de la végétation herbacée et aquatique. En hiver, elle se nourrit d’écorces d’arbres (saules et peupliers principalement) pouvant ainsi causer des dommages dans les plantations.

Relation avec l’homme

Des restes fossiles ont été rencontrés dans plusieurs endroits du département démontrant l'existence de l'espèce au Moyen-âge. Les registres de dépenses des Ducs de Bourgogne mentionnent des bièvres pris sur les bords de l’Ouche. La valeur commerciale de sa fourrure, la consommation de sa chair et les vertus du castoréum (sécrétion huileuse odorante produite par ses glandes sexuelles) ont induit une chasse et un piégeage importants entraînant l'espèce au bord de l'extinction au siècle dernier.

Répartition

Au début du XXe siècle, la population nationale de Castor d'Europe était estimée à seulement une centaine d'individus cantonnée en basse vallée du Rhône. Grâce à l'adoption de mesures de protection accompagnées de plusieurs campagnes de réintroduction, une reconquête de ses territoires délaissés s'est opérée en France. Sur le bassin de la Loire, il a fallu 40 ans, pour qu'à la suite de la réintroduction d'individus aux environs de Blois par la Société d’Étude et de Protection de la Nature du Loir-et-Cher, l'espèce arrive en Côte-d'Or par l'Arroux (Arnay-le-Duc) et le Ternin (lac de Chamboux). Sur le bassin de la Saône, sa colonisation est plus lente ; sa présence est pour l'instant confirmée sur la Saône côte-d'orienne et la Tille (Ignon).

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