D'où vient le projet ?

Chat sauvage © Brunet Joel

Initiée en 2009 et portée par le Conseil Départemental de la Côte-d’Or depuis 2012, la politique territoriale dite « Espaces naturels sensibles » (ENS) vise à préserver les secteurs à fort enjeux naturalistes en investissant pour leur protection directe et pour la valorisation du patrimoine naturel auprès du plus grand nombre de personnes. Dans l’objectif d’homogénéiser la connaissance des milieux naturels et des espèces sur l’ensemble du département, un des axes de travail développé dans la politique ENS de Côte-d’Or consiste à améliorer la connaissance sur la biodiversité départementale afin de faciliter la lecture des enjeux pour guider l’action départementale, de poser un référentiel départemental fort pour la construction de listes rouges, et d’anticiper les futurs travaux de recensement des espaces remarquables.
C’est à ce titre que, depuis 2012, un travail de centralisation et de remise à disposition des données faunistiques est mené en Côte-d’Or par la Société d’histoire naturelle d’Autun (SHNA) au titre de l’Observatoire de la faune de Bourgogne (OFAB). Les outils mobilisés sont : d’une part la BBF pour la bancarisation et l’organisation des données, d’autre part le portail internet www.bourgogne-nature.fr pour la mise à disposition des données au plus grand nombre d’acteurs du territoire (à échelle communale). Le présent ouvrage valorise de manière plus générale le travail effectué en présentant une version condensée de « l’encyclopédie de la nature » proposée sur le site internet www.bourgogne-nature.fr ; cet outil a pour vocation de présenter les différentes espèces faunistiques connues en Côte-d’Or.

Outils mobilisés pour la synthèse des connaissances

Convergeant vers la capitalisation des savoirs natura- listes sur la thématique faune, les programmes d’actions de l’ « Observatoire de la faune de Bourgogne » sont portés par la SHNA depuis l’an 2000, année du lancement officiel de l’observatoire. Dans ce cadre, des programmes d’inventaires, de suivis et de recherches sont menés chaque année sur le territoire bourguignon ; les données sont centralisées dans la base de données régionale « Bourgogne Base Fauna » (BBF).

Créée en 2005, la BBF constitue l’actuel référentiel régional en matière de données faunistiques générées sur le territoire bourguignon. Alimentée tant par des données issues d’études financées que bénévoles, la BBF a été créée à l’initiative du Parc naturel régional du Morvan (PnrM) et de la SHNA qui en assure aussi la gestion (développement de l’outil, coordination de la validation des données, etc.). Si l’outil n’est actuellement pas directement accessible au grand public, le module de saisie en ligne E-observations permet à tout internaute de saisir et de gérer ses observations naturalistes ; l’export régulier de ces données vers la BBF, l’intégration de lots de données issus de partenaires ainsi que l’intégration de données contenues dans la bibliographie permet de maintenir à jour l’état des connaissances sur la faune sauvage de Bourgogne. Ce sont notamment ces données qui ont permis l’édition récente des listes rouges régionales (sur les mammifères [dont chiroptères], les odonates les papillons de jour, les amphibiens, les écrevisses ou encore les reptiles), mais aussi des ouvrages de référence que sont l’Atlas des amphibiens de Bourgogne, l’Atlas des reptiles de Bourgogne, l’Atlas des papillons de jour de Bourgogne et de Franche-Comté ou encore l’Atlas des oiseaux nicheurs de Saône-et-Loire édités par la revue scientifique Bourgogne-Nature.
Reconnue par les institutions publiques en région, la BBF est un outil se voulant fédérateur des acteurs naturalistes régionaux ; c’est ainsi qu’elle a été désignée pour gérer les données générées par les différentes structures membres du groupe d’étude et de protection des oiseaux de Bourgogne (EPOB). Enfin, la BBF est l’un d’un principaux outils alimen- tant le Système d’information sur la nature et les paysages (SINP) en Bourgogne.

Les données

Afin d’améliorer les connaissances sur la faune sauvage de Côte-d’Or, plusieurs sources de données ont été mobilisées, allant des ressources bibliographiques aux données issues des réseaux de naturalistes bénévoles ou d’études financées. Outre les 154 ressources bibliographiques saisies et les données directement générées par les programmes d’études de l’OFAB, ce sont 66 partenaires potentiels possédant des données faunistiques non valorisées par ailleurs qui ont été identifiés sur le territoire. Parmi les acteurs prioritaires, 14 se sont ralliés au projet d’amélioration des connaissances sur la faune sauvage de Côte-d’Or.
Le tableau I présente la synthèse sur l’origine de l’en- semble des données intégrées dans la BBF sur la Côte-d’Or depuis 2012.
Parmi les principaux fournisseurs de données, les réseaux de naturalistes bénévoles prévalent : ils sont à l’origine de près de 90 % de l’ensemble des données intégrées depuis 2012. Fortement représentés par les données issues du réseau de la fédération Étude et Protection des Oiseaux en Bourgogne (EPOB), et particulièrement de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) de Côte-d’Or via l’outil Visionature, les oiseaux sont sans conteste le groupe pour lequel le plus de données a été intégré dans la BBF depuis le lancement du programme (79 % - un seul lot de données transmis et intégré, en 2014). En revanche, c’est majoritairement par l’outil E-observations (réseau bénévole Bourgogne-Nature, coordonné par la SHNA), la bibliographie, les programmes de l’OFAB et les partenariats réalisés que la BBF s’enrichit sur les autres taxons.
Sans rentrer dans le détail des conventions passées avec les différents fournisseurs de données et sauf mention contraire, seules les données validées (par des experts natu- ralistes locaux) et contenues dans la BBF au 31 décembre
2015 ont été prises en compte pour les analyses présentées dans l’ouvrage.

Éléments de connaissance sur la répartition de la faune sauvage en Côte-d’Or

Sur la base de la géolocalisation attribuée à chaque donnée, la figure 38 présente la répartition communale des connaissances générées sur la faune sauvage de Côte-d’Or avant et après lancement de l’OFAB, en 2000. Il est intéressant de comparer ces cartes avec la diversité d’espèces connue sur chaque commune durant les mêmes pas de temps : les secteurs les plus renseignés correspondent globalement aux zones où la diversité spécifique connue est la plus élevée (figure 40).
Avant 2000, le nombre moyen de données par com- munes était de 101, réparties de façon très disparate entre les communes les plus prospectées (4 926 données à Saint- Symphorien-sur-Saône) et celles oubliées (0 donnée). À la fin de l’année 2015, des connaissances sur la faune de chaque commune du département sont rendues disponibles avec en moyenne 655 données par commune (au minimum 4 à Grosbois-lès-Tichey, et au maximum 17 137 sur Dijon). En terme de diversité, c’est à Villiers-le-Duc que le plus grand nombre d’espèces était connu avant 2000 avec 994 taxons connus ; depuis, des inventaires ciblés ont permis d’inventorier encore davantage d’espèces à Talant (1 105).

Espace Naturel Sensible de Talant et de Plombières-lès-Dijon

Répartition des connaissances sur la faune sauvage de Côte-d’Or avant et après lancement de l’OFAB (nombre de données saisies par commune)

Répartition taxonomique des données sur la faune observée en Côte-d’Or.

Si c’est la classe des insectes qui est la plus diversifiée en terme d’espèces, c’est également le groupe taxonomique le moins connu du département avec un niveau de connais- sance très variable selon les ordres. Les savoirs stockés dans la BBF sur ces taxons est en évolution continuelle depuis la création de l’outil ; chaque année, de nouvelles mentions d’espèces sont saisies à échelle départementale. Les autres taxons et notamment les vertébrés sont à l’inverse mieux connus ; pour ces derniers, toutes les espèces présentes de manière récurrente sur le territoire sont d’ores et déjà identifiées, ce qui permet d’appréhender plus finement leur répartition départementale.
À l’heure actuelle, 4 934 espèces sont recensées dans BBF concernant la Côte-d’Or ; seuls 10,5 % d’entre elles concernent les vertébrés tandis que les hexapodes (quasiment que des insectes) sont concernés par 80,5 %. En terme de diversité spécifique, les principaux ordres d’hexapodes sont les coléoptères avec 1 906 espèces mentionnées dans la BBF, et les papillons nocturnes avec 914 espèces (respec- tivement 48,6 % et 23,3 % des espèces d’hexapodes connus en Côte-d’Or), suivis de loin par les diptères (249), les hyménoptères (167), les hémiptères (167) et les papillons de jour (151).

Valorisation des connaissances

Se voulant dresser le portrait de la faune sauvage présente de manière récurrente en Côte-d’Or, cet ouvrage aborde les différentes thématiques complémentaires que sont les grandes caractéristiques du territoire côte-d’orien, ses régions et habitats naturels ainsi que la faune y évoluant. Il se focalise sur les espèces de la faune connues au sein du département, et décrit les principaux groupes taxonomiques étudiés ; ces derniers sont illustrés de la présentation de plusieurs centaines d’espèces parmi le millier de taxons mentionnés ; l’approche suit la taxonomie à jour (TAXREF v.9.0). Les informations morphologiques et écologiques indiquées pour chaque espèce ont été synthétisées par 21 experts locaux reconnus pour leurs compétences naturalistes.
En complément, les annexes amendent l’ouvrage en présentant de manière synthétique les statuts de patrimo- nialité des espèces mentionnées dans le corps de l’ouvrage, les différents dispositifs de préservation de la nature en Côte-d’Or et le réseau des principaux acteurs naturalistes du département.

État des connaissances sur la diversité spécifique connue à l’échelle des communes de Côte-d’Or (nombre d’espèces observées par commune)

Diversité taxonomique connue sur la faune de Côte-d'Or au 31 décembre 2015

Le projet faune sauvage en Côte-d’Or a aboutit à la création de différents outils de transmission des savoirs